Bref… J’ai fait du ski alpin

8h50

Je me réveille l’âme guerrière. Aujourd’hui, je vais partir à la conquête des pistes, flirter avec les cimes, sentir le vent et le soleil sur mon visage souriant. Aujourd’hui, c’est décidé, je vais chausser pour la première fois de ma vie des skis.

9h30

Après avoir bu deux cafés, le doute m’assaille. Et s’il était trop tard pour m’initier aux joies du ski alpin ? Et si ma décision était inconsciente ? Et si ces reposantes vacances à la montagne se terminaient aux urgences ? Et s’il était plus raisonnable de m’en tenir au ski de fond ?

9h35

Pas le temps de terminer mon monologue intérieur, je suis dans la voiture. Direction la station.

9h50

Nous arrivons. Toute la petite famille s’équipe. La première étape, et pas des moindres, consiste à enfiler les chaussures de ski. J’ai l’affreuse sensation de chausser deux parpaings. Je me sens soudain dans la peau d’un scaphandrier des années 30 qui explore les fonds marins grâce à deux énormes chaussures de plomb ! Et ce n’est qu’un début. Aux dix kilos que j’ai au bout de chaque jambe, il va bientôt falloir ajouter quinze kilos de skis sur l’une de mes épaules. Alors que je me félicite de tenir encore debout (et de sourire), il faut à présent gravir une colline pour arriver au pied des pistes.

10h20

Toujours debout (un rictus a déjà remplacé le sourire), je découvre l’endroit où je vais passer le reste de la matinée : la piste baby. Entourée d’enfants (déjà plus expérimentés que moi à trois ans) et de parents dont les conseils me semblent de prime abord précieux, je dois chausser mes skis.
Le défi est de taille. Avec la liberté de mouvement que m’offre le combo pente glissante /chaussures parpaings, accrochée à mes bâtons (que j’aime déjà plus que tout au monde), il me faut insérer la pointe de la chaussure de ski dans le ski puis taper avec force le talon jusqu’à ce qu’un déclic se fasse entendre. Mais le fameux déclic ne se fait jamais entendre. Alors je tape plus fort du talon, et petit à petit (allez comprendre pourquoi) mes skis pivotent pour se mettre dans le sens de la pente. Alors, frôlant le grand écart et toujours agrippée à ces chers bâtons, j’essaie de rester debout pour enfin entendre LE déclic.

10h40

Je ferais volontiers une pause mais je réalise avec effroi que je n’ai pas encore skié.

10h42

En haut de la piste baby, bénissant le génie qui a inventé le tapis roulant pour remonter les pentes (le tire-fesse sera pour l’année prochaine), j’observe et écoute attentivement les parents qui m’entourent. A ma gauche, un papa en chaussures de randonnée (le veinard !) tend à son fils un blouson. Le petit accroché à la capuche dudit blouson se fait trainer sur la piste. J’ai beau reconnaître mon ignorance en matière de ski alpin, je doute de l’efficacité de cette méthode d’apprentissage. Je vais devoir observer à ma droite. Un autre papa, sur des skis cette fois-ci, soulève son fils par les aisselles. Le petit, dont les pieds ne touchent pas le sol, dévale la piste avec son père. Un peu plus loin, une petite fille qui a pris trop de vitesse s’écroule sur une dame venue bronzer sur le bord de la piste baby (cherchez l’erreur). Le papa la relève d’une manœuvre proche de la prise de catch, lui hurle dessus puis la félicite : « Bravo ma chérie ! ». Enfin, devant moi, un petit d’à peine trois ans (très doué au demeurant) était poursuivi par sa mère qui descendait la piste en courant et en criant : « Le parallélisme ! Le paralléliiiiiiisme ! » . Cet enfant sait-il seulement ce que veut dire le mot parallélisme ?  Si c’est le cas, ce petit est probablement pressenti pour le prix Nobel !

10h55

Je renonce à m’inspirer des conseils environnants et me lance. Je comprends rapidement que le plus dur ne sera pas de glisser mais de m’arrêter. Voilà ce que les parents que j’ai observé un bon quart d’heure n’ont jamais expliqué à leur progéniture : comment s’arrêter ???

10h56

Prenant de plus en plus de vitesse je me jette à terre.
Bonne nouvelle N°1 : la chute est un moyen efficace de s’arrêter.
Bonne nouvelle N°2 : tomber dans la neige ne fait pas mal (ce n’était donc pas une légende).

Bref… J’ai fait du ski alpin !

 

ski

22 commentaires

  1. Vas tomber sur une plaque de verglas, tiens et tu verras si tu n’auras pas mal !
    Bon j’ai bien ri en lisant tes débuts !
    Quand tu viendras me voir dans mon désert, je te donnerai un petit cours !

  2. hihi ! j’ai beaucoup ri en lisant ton article ! L’histoire des parpaings, ça m’a fait penser au sketch de Gad El Maleh quand il marche avec ses skis ! 😀
    J’espère que la suite s’est mieux passée parce qu’à force de tomber pour t’arrêter, tu risques de te faire très mal ! 😀 ( j’ai fait ça quand j’ai voulu commencer le surf : une fois sur les genoux une fois sur les fesses. le lendemain, genoux et fesses n’étaient que douleur ! 😀 je n’ai pas renouvelé l’expérience ! 😀 )
    C’est vrai que c’est difficile de commencer le ski quand tu es adulte. Quand tu es petit, tu n’as pas conscience du danger ! 😀
    Bon, je ne sais pas s’il est trop tard, le chasse neige, c’est très bien pour s’arrêter ( tu formes un V avec tes skis, ouverture du V vers l’arrière ! 😀 )
    En tout cas, tu as été courageuse de monter sur des skis ! Bravo !
    Il va y avoir une suite à ton récit ? 😀

    1. La suite de mes aventures est moins drôle! L’homme de la maison m’a montré comment faire le chasse neige entre deux descentes avec Lapinette. Je me suis entraînée sur une mini pente en haut de la piste baby pour prendre confiance. J’ai fini par faire un peu de chasse neige et je retenterai l’expérience l’ année prochaine.c’est vrai que c’est difficile de commencer adulte!!!

  3. Ouais, le plus dur, c’est de se relever après la chute…
    J’ai laissé tomber.
    Puis un jour, je me suis dit « si j’essayais le surf? ». Trop chouette, on a les pieds légers, trop chouette la sensation de glisse. Jusqu’à la chute du 2ème jour. J’y ai laissé un poignet. 2 mois de plâtre, 6 mois de douleur.
    Je m’arrête au café maintenant!
    Merci pour ce récit qui m’a consolée…

  4. J’admire ton courage 🙂
    J’ai voulu prendre des cours de skis il y a 8 ans maintenant… j’ai abandonné au bout du 3ème cours.. ce n’était visiblement pas fait pour moi, j’avais mal aux pieds, aux genoux… je n’ai pas aimé ça.
    Maintenant, je vais à la montagne, je profite du grand air, je fais des bonshommes de neige avec ma fille, je prends des photos… et ça me convient largement !!
    Bravo à toi !
    Bises !

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